Sans-culottes! Ma fureur révolutionnaire est à son paroxysme!!! La ci-devant m'exaspère!
J'avais tenté au cours des derniers jours une courageuse action, par solidarité avec nos camarades gardiens de troupeaux et chasseurs. J'avais pris à mon compte quelques tiques qui leur étaient sans doute destinées. L'ennemie a vu rouge! Elle a ameuté la clinique vétérinaire, s'est transformée en guenon spécialisée dans l'épouillage. Depuis, je dois subir, jour et nuit, ses perpétuelles recherches. La lutte contre la tique est devenue sa raison d'être, son obsession!
De plus, mes penchants révolutionnaires la préoccupant toujours, elle a décidé de les contrecarrer. Son insidieuse stratégie? Tenter de transformer une ardente sans-culotte en poupée de salon! Même pas en rêve!!!
Certains m'ont déjà vue, pour ma plus grande honte, transformée en arbre de Noël.

Eh bien, l'infâme a poursuivi dans cette voie. Contaminée par les Ci-devant mamounettes des Babou, de Flanel et d'Hawaï, elle a décidé qu'il me fallait des nattes bien nettes pour aller jardiner!

J'en baisse la tête de honte! En plus de n'être qu'une pâle copie des coiffures des copains, ces tresses sont, à mon sens inappropriées pour poursuivre la lutte dans le maquis. Je suis sûre, camarades, que vous partagez mon point de vue.
Certes, me direz-vous, l'habit ne fait pas le moine mais peut-on faire la Révolution en dentelles? Comment prendre au sérieux les revendications justifiées d'une sans-culotte lorsque celle-ci se lance au combat, surchargée de fanfreluches? Jugez plutôt!
Elle a commencé par un étalage indécent de pierreries. Un étalage digne de Marie-Antoinette face au peuple indigné.

Puis, elle a continué sur une envolée dont le pseudo romantisme bucolique gomme le côté redoutable qu'un bon combattant se doit d'affirmer. Un papillon entouré de fleurs! Le summum du ridicule pour une passionaria...

Et aujourd'hui, alors que je m'apprêtais à poursuivre la lutte en divulguant nos idées auprès de futures recrues, voyez comment je me suis retrouvée!

Révoltante, n'est-ce pas, cette obstination manifestée par l'ennemie?
Mais aucune inquiétude à avoir, mes valeureux camarades! L'oppresseur peut s'évertuer à me calmer, à me faire obéir, rien ne changera. Je ne retiendrai que les consignes qui m'arrangent, que les rituels qui me plaisent. Nous, shishis révolutionnaires, avons une tête bien faite. Inutile donc qu'elle soit pleine d'ordres inutiles. Nous n'allons tout de même pas nous plier aux caprices farfelus de l'oppresseur. La contestation est dans nos gènes, mes amis, et la lutte contre la génétique est illusoire. Croyez-moi, quoi que puisse tenter l'ennemi, il a perdu d'avance! C'est, forts de cette assurance, que nous devons poursuivre le combat, mes chers camarades.
La sans-culotte Hoxane qui vous envoie quelques léchouilles ensoleillées en direct du Front corse.